Chronique: SALVATORE GUCCIARDO a lu LES ÉCRIVAINS NUISENT GRAVEMENT À LA LITTÉRATURE d' ERIC ALLARD

Éric Allard, Les écrivains nuisent gravement à la littérature, Cactus Inébranlable  éditions, Belgique, 2017.

Avec son nouveau livre qui vient d’être publié chez Cactus Inébranlable,  « Les écrivains nuisent gravement à la littérature », Éric Allard  nous livre une nouvelle facette de son talent.  Nous l’avions déjà apprécié comme poète, auteur de contes bref et critique littéraire...

© Page Facebook de l'auteur 

A présent, il nous présente un petit livre d’aphorismes, écrit avec une plume garnie d’une pointe bien aiguisée  dans la collection « Les p’tits cactus ». En exergue du manuscrit, l’auteur donne déjà un aperçu : « Pensées pour tous les auteurs d’aphorismes que j’ai croisé sur mes chemins de lecture.»

Avec un ton humoristique, l’auteur donne  son ressenti du monde littéraire. Malgré le ton piquant et volontiers léger, la lecture se révèle stimulante. On découvre un écrivain qui possède une belle maîtrise de l’écriture et une facilité à jongler avec les mots.

La composition et l’esprit du recueil révèlent une personnalité complexe, lucide, passionnée et sincère.  Il a choisi ici la dérision, l’ironie pour s’exprimer.
En voici quelques exemples :

Au supermarché, l’écrivain est celui qui dédicace ses tickets de caisse.
On ne tue pas un écrivain dans l’œuf ; on attend qu’il ait pris le melon.
L’écrivain suspecté de négritude doit montrer page blanche.
À la piscine, l’écrivain est celui qui possède un bonnet de bain imprimé des titres de sa bibliographie.
Un écrivain, en se précipitant la nuit pour noter une idée de récit, dévala l’escalier, perdit et l’idée et la vie.
Je connais un grand écrivain humaniste qui n’a jamais mis les mains dans une embrassade.

Dans ce livre, les écrivains sont décrits sous un angle parodique.

C’est un portrait littéraire qui égratigne subtilement un certain milieu pompeux et mondain.  Ses jeux de mots sont vifs, plaisants et son humour, souvent acerbe, fait mouche.

Les écrivains nuisent gravement à la littérature est un livre singulier, par son sujet, sa verve et l’acuité de son regard.  L’auteur nous donne un livre abouti à plus d’un titre. Il a déjà publié deux recueils de qualité : Penchants retors (Gros textes) et Les corbeaux brûlés (Ed. du Cygne).  

Éric Allard est un érudit qui œuvre discrètement depuis plusieurs années  dans le monde des lettres belges. Il le fait en toute liberté, en accord avec ses idées et ses convictions.  S’il écorne certains confrères, il le fait pour nous rappeler que l’écriture est avant tout un acte noble au service de l’être humain et non un privilège consistant à mettre en valeur son ego personnel.


Salvatore Gucciardo



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