GERBES D’ÉTINCELLES et autres poèmes de SALVATORE GUCCIARDO


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Gerbes d’étincelles

Sur le versant nord
Là où le maelström
S’exhibe  avec emphase
En contre bas
De la falaise
Sur la cime des vagues
Agitée par le souffle abyssal
L’âme se recroqueville
Dans sa coquille brumeuse

Émotions  fébriles
Oscillation  océane
Odyssée imaginaire
Vision apocalyptique
Le corps effilé  de la pluie
Sur la terre en feu

Au loin
Sous l’impulsion
D’une lumière poudreuse
Le rêve
Émerge
De la profondeur
Des eaux noires

Il peint
Des gerbes d’étincelles
Sur la nuit agitée


Houlement de vagues

Le rêve
Est un cheval
Fougueux

Une vague
Qui galope
Sur une mer
Soupirante

Le sable
Chaud
Se laisse
Caresser
Par la géographie
Écumante

Scintillement
D’eaux
Ondulation
De mousse
Opaline
Effleurant
La chair
De deux corps
Enlacés
Sur une plage
Déserte

Sous le regard
Complice
D’un cerf-volant
Le zéphyr maritime
Enveloppe
De ses ailes
Doucereuses
Les jeunes amants




Initiation



Il faut franchir
Le mur de l’indifférence

Combattre
L’épaisseur de la nuit

S’initier aux éclats
De la lumière

Diviniser les ailes
De la paix

Réaliser le rêve
D’un monde fraternel

S’envoler
Vers les sommets
De l’amour  universel





Illumination

À l’heure où le rêve
Prend forme

Le ciel s’habille
De couleur

L’épine dorsale
S’étire vers le haut

La vague s’endort
Sur l’île basaltique

Le sel de l’océan
Efface le champ aquatique

Les algues  regardent
L’étendue du ciel

Les coraux dévoilent
Le chemin des totems

Les étoiles de mer
Épousent
Les écailles du récif


Insomnie

Je connais la longueur
De la nuit

Les frissons
De l’aube

Le chant
De l’oiseau matinal


Les yeux écarquillés
La fenêtre close

Le cœur
En sursaut

Je suis seul
Dans l’infinitude
Du monde




Gestation

Sous le poids
De l’encre
Rouge
Et noire

Je dévoile
L’éruption
Du  magma

L’ossature
Du  corps usé
Le souffle  agité
De la bise matinale

La glaise en gésine
Dessine
L’écume sphérique

L’effervescence
Sentimentale
L’aventure
Passionnelle

La spirale agite
L’onde océane
L’épaisseur
De la nuit

Le scintillement
Des rêves irisés

L’insondable candeur
De la source abyssale

Le tourbillon fiévreux
De l’univers pourpré





Interrogation

Tout est dans la subjectivité
Dans l’interrogation
Dans l’entremêlement
L’affrontement

L’eau
Et le feu

L’ombre
Et la lumière

Le noir
Et le blanc

Le spirituel
Et la matière

Les yeux
Mi-clos

J’interroge
La raideur
Des statues

À la croisée
Des chemins





Graines solaires


La jonquille
S’est réveillée
De son sommeil
De taupe
Elle a fortifié
Ses racines tantriques
Sa  candeur méditative

Les yeux rivés
Vers le ciel
Elle embrasse
La source lumineuse
Qui alimente
Son aura sacral

Sublimé
Par son auréole
L’être
Se libère
De ses peurs
De ses démons


Il a retourné
La terre souillée
Pour effacer
La noirceur du temps
La stérilité de l’âme
L’indifférence du regard

Afin d’ensemencer
L’horizon brumeux
De graines  solaires




Ivresse nuageuse



La ligne
Dessine
Le contour
Parcourt l’ondulation
De la dorsale
Détache
L’ombre
De la lumière
Pour déterminer
La forme du volume
De la volute nébuleuse

Tout est dans le frisson
Dans la sensualité ondoyante
Dans le trait ondulatoire
Et musical
De l’amas touffus
De la broussaille nuageuse

Les corps en mouvement
Sont des châteaux en ruines
Des paysages fantastiques
Peuplés
D’animaux étranges

La vision est dantesque
Dans la géographie du ciel
La géologie brumeuse
Est un houlement magique
Une invitation au voyage
Où l’homme s’enivre
De la beauté des nuages






Jardin secret

La courbe du monde
Dessine
Les méandres
Du  jardin secret

L’âme
Enveloppée
D’une flamboyance
Phosphorescente
S’expose
Aux tourbillons
Du temps



















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