À FLEUR DE PEAU LE PLUS GRAND MYSTÈRE de CARINE-LAURE DESGUIN







À FLEUR DE PEAU LE PLUS GRAND MYSTÈRE 


…de parcourir, de chevaucher vertèbre après vertèbre, jusqu’au plus loin du sinueux, et de n’arriver jamais à cette connaissance par delà l’outre-ciel, une peau, un croisement, aussi comme un pied-à-terre sous l’écho des étoiles, à savoir le signal d’un compas et celui d’un horoscope, là où Vénus force vive Jupiter, de lécher à fleur de peau le plus grand mystère, utérus expulsé d’une première matrice, bateleuse ou papesse mais rien d’une troisième, si parallèle vague à l’âme puisque, si pi au carré et si tissu si lisse ( pas de basin ni même un bourrelet), exempte de rides et de plis, comme un sentier battu par la tramontane, une ruelle dépavée jusqu’au rabâchement, toi le sais-tu, moi le vis-je, l’effleure-je, à demi-ciel puisque l’humain est-il le, entre pistil invisible et chevelure de lionne, nature sans béton, sans uranium, unique derme, lambeau héliocentré au milieu de tout ça, tout ce foutoir qu’on devine pisse-vinaigre, des meubles baroques, des cuberdons éclatés, et ces quelques centimètres carrés qui vivent et expirent et inspirent encore, le tout, le monde et les étoiles, de et pour que les cucurbites se pointent (des astres nouveaux aux confins d’une lombaire), des contre moi, des contre soi, et du futur en nervure de route, une embellie de soie sous des orbites femelles, des courbures lascives et jamais lasses, à deux doigts d’un départ, de sinueux à parcourir, à chevaucher d’abord, et taire ensuite, taire à jamais les secrets, ceux de l’alpha et de l’oméga, la première chair, la dernière chair, et je et te perdus et retrouvés en dehors d’une naissance éternelle, toujours et à jamais renouvelée, sang contre sang, qu’importe les bruits et les solfèges, les saxos et les pianos, les sèves juteuses et les entrelacs de lignes et de courbes, les notes sont des feux en contrebas d’un corps de cyprine et d’arabesques jouitives, désirs de lèche, qu’importe les musiques et les étincelles et les temples invisibles entre salives crapaudes et adverbes effleurés, souffle-je au-delà de te et de l’univers, du visage de te, et d’elle dans une autre escarcelle, derme dénoué aux pieds d’un placenta, de vivre, de survivre, de respirer tout ça jusqu’au souffle du souffle, à fondre et confondre toi et je et je et toi, qu’importe puisque les sexes sont si flous en deçà des bissextiles qui s’étiolent tout compte fait, zéros des acides, zéros des noyaux et des ions, c’est ce derme en fleurs qui s’éclatera si bien, tatoué de la langue de tout l’univers (espéranto, cris de joie, hurlements, et saillies diverses), c’est bien ça, ça ne s’exposera pas sur un trône de petites monnaies, peau de l’épicentre d’un grand tout, d’un univers dans un autre, d’un nouveau big bang qui égale toutes les franges, tous les carrés ombragés, à travers eux, à travers nous, rien d’autre que cela, une peau qui caresse une peau, des lèvres, au pis aller des aubes, des ombres et des rondes, rerum novarum et lécher encore comme une toute première fois, les labyrinthes du plus que, du sursaut d’un iris à savoir aussi l’amer, le doux, le sucré, diable adieu à dessein infinitissime en plus que, et les sels d’un poème qui se dispersent dans une brassée de mots et de courbes assoiffées, de non-lieux, d’espaces torrides, d’ecchymoses dessous, et ça s’apprivoise à contre-jour, à contre-lune, à contre des pourquoi pas un tel voyage, par-delà ces pactes funambules, ces miradors de polichinelle, sur un os ou l’autre mais sans accoutumance, juste une nudité lactée et lumineuse, à la une d’un derme à sgraffites et d’un regard charbonneux…

Carine-Laure Desguin, In Résonances, Editions Jacques Flament, Collectif, mai 2017, page 100, d’après une photo de Bruno Toffano
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1 commentaire:

  1. Carine-Laure est toujours tout un voyage en soi. Moi je lis peu de poésie et je me perds tout à fait dans celle de Carine-Laure mais... avec délice. Rien que les mots et leur houle imagée... je me laisse perdre. Pourquoi pas?

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