PETER CÉNAS

Peter CÉNAS, de son vrai nom Pierre Richard LAVILETTE, a vu le jour à Fontamara,  le 8 juillet 1992. Il a fait des études en sciences du développement, en sciences de l’éducation et en sciences de communication. 21 poèmes pour Elle est sa première œuvre éditée.


I
Le temps est une page blanche
Où je dessine ton corps
Chaque saison
Est le bras d’un mot qui t’invite à sortir  

Le vent pleure  
Libre
Dans tes cheveux ensoleillés  
Et mes mots
Se font ombre pour te chercher

Ils désirent tous te voir
Emmitouflée
Dans ta camisole de soir d’hiver

Ils veulent piaffer dans ton souffle
À l’heure où la lune
Allumera sa lampe
Sur le dos des chauves-souris


Toutes mes phrases
Sont des cymbales
Des cors
Et des darboukas qui crient ton nom

Elles portent ton sourire
Tel un graffiti
Dans leur chair d’ébène
Pour dire à Jehova 
Ô elle n’est pas humaine  

II
Je passerai la nuit debout
Dans mon rêve

Les syllabes de ton prénom
Sous mon aisselle gauche

Pour te voir marcher
Si tendre, si belle
À la rencontre des saisons de sables
Expatriées sur des îles lyriques

La lumière du soleil
Dans ton regard
Mâtiné de crépuscules

Celle de la lune sur ta tête
Un tapis de rues
À poil au vent

Des quartiers libres
Des villes
À la décroissance
Sous tes fragiles pas rotatoires
Et des étoiles
En collier de poussières
Autour de ton cou de femme









III
Sur les murs vétustes de ma mémoire, je peins des fractions de ton ombre, défilant, taciturne, dans le périple sinueux de mon haleine réprimée. Morceau par morceau, je ravive les consonances de tes sens muets et tes appels oniriques, dans la paume de ces murettes de larmoiements et de cirrus de souvenirs. Parapets d’asile d'ombres, où tu vis d’un silence transi. Je te dessine, coite, dans ta robe de solitude, tel un rêve clandestin, trop lourd à porter. Culbutes de larmes pérennes, aspergeant ta frimousse de vide. Je te peins. Je peins aussi les bras de la nuit autour de ton cou si frêle. Ton souffle de brise s’envole, étreignant mes doigts séculaires. Je les transporte, ces doigts, au fief de ma mémoire, où tu somnoles sous un couvercle de larmes ininterrompues. Je te peins, avec mes pleurs, jouant à la marelle dans ton accoutrement de lunes éclopées. Navigation de cris, de geignements déboités, de rêves non couverts, suffoquant dans mon poing gauche. Temps aux voiles claquées, esquif perdu dans une esquisse maritime orientalisée... Je te peins ainsi : sombrement belle, en peignant aussi cette part de mon ombre solitaire qui meurt dans le courant de tes pleurs.

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