LE REGARD DU CIEL et autres poèmes de SALVATORE GUCCIARDO




©Dierf Dumène



Le regard du ciel
Ma voix se perd
Dans les dunes
Dans les méandres
D’une rivière
Dans les rides du sable
Dans les veines
Du marbre

Le ciel
Dans sa grandeur
Insondable
Me lorgne
Avec indifférence
Il étale
Ses immenses ailes
Sur la terre

Depuis des millénaires
Il domine
Le monde
Impassible
Aux doléances
Il regarde froidement
Le déambulement
De l’être
Ses civilisations
Complexes
Sa course folle
Vers le mur
De l’apocalypse


Les yeux

Dans tes yeux livides
Il y a des cathédrales esseulées
Des bateaux à la dérive
Des écorces fripées
Des hordes  ambiguës
Des volcans étouffés
Des vrilles en sursauts

Dans tes yeux d’écume
Il y a l’ombre d’un  doute
Le froissement d’une étoffe
Le souffle d’un papillon
L’entremêlement  d’une racine
Des  bouffées de volutes
Sur l’onde matinale

Dans tes yeux délavés
Il y a la commissure du vent
Les arabesques en dérive
L’écho d’une  voix
Au sein des gorges escarpées

Dans tes yeux pourprés
Il y a la rougeur d’un coquelicot
Les frissons  d’un aigle
La promesse d’une  aube
Le feu  d’une passion

Dans tes yeux azurés
Il y a la blancheur de l’ébène
La luminescence d’une comète
Les ailes d’une colombe
Sur une mer agitée
Dans tes yeux arc-en-ciel
Il y a la nudité d’un rêve
La ferveur d’une âme
Une passion démesurée
Dans la musique des sphères


Le destin du créateur
L’heure troublante
Échafaude
Une trajectoire
Le repli sur soi
Est un coquillage
Sans écho

La demeure du créateur
Est un tour fragile
Sa racine
Est l’âme du monde
Son cœur
Un mur de lèpre

Les écailles de la terre
Couvrent
Ses espaces intérieurs

Le tourbillon du temps
Alimente son inspiration
Le dragon abyssal
Lui injecte le venin
De la sève universelle

Le nouveau départ
De la méditation
Au vent de poussière
La mer des étoiles
Occulte le temps

À l’heure du crépuscule
Le rêve atteint
Le rivage escarpé

Quel nouveau départ
À l’astre solitaire

Aux confins du trou noir
Le serpent lunaire
Encercle lentement
Le corps de l’être

Le brasier

Les fruits de l’orage
Embourbent
Le chemin de la sagesse

Le sable du désert
Est en feu

Tout est cris
Et déchirure

Le sommet de la montagne
Est un brasier de haine

La lumière des ancêtres
S’est éteinte

Où sont passés
Les prophètes d’antan


La volupté de la vie

Il faut donner son temps
Au temps

Se pencher avec amour
Sur le rayonnement
D’une fleur

S’enivrer du bruissement
Des feuilles
Du chant des oiseaux

Communier
Avec la musique des sphères
Et celle de l’âme

Il faut communiquer avec son moi
Afin d’honorer
La volupté de la spiritualité
Et de la vie



Le point d’interrogation


Comment
Concilier
L’eau
Et le feu

La lame
Et le couteau

Le ciel
Et la terre

La matière
Et l’esprit

L’amour
Et la guerre

Le loup
Et l’agneau

Le requin
Et l’innocent

La lune
Et le soleil

L’athée
Et Dieu

Le mystère du Divin
Et  celui de la vie


Le corps astral
Les  sphères s’emboîtaient
Dans la spirale voyageuse
Étincelles éruptives
Dans la mer des ténèbres

La lumière constante
Au loin
Caresserait le contour
De la  comète

Prédominance du cercle
Attraction magnétique
Émotions intenses
Au sein du corps céleste


Flux sensoriel
Femme lascive
Et frémissante

Pulsions
Viriles
Entremêlées
Dans les cheveux dorés
De la nébuleuse
Bouillonnement  de sang

Le tourbillon voluptueux
Dans les courbes ondulantes
De l’homme et de la femme


Le cérémonial sacré
A l’instant suprême
Où s’entremêlent
Le ciel et la terre
La lumière et la nuit
L’eau et le feu
L’embryon
Vit son état
D’ambiguïté intense

Le cérémonial divin
Donne à la vie
L’unique instant
D’harmonie universelle

Où le souffle de l’être
Communie hermaphroditement
Avec les forces cosmiques

Dans le rituel mystique
Où la pureté et la beauté
Sont liés
A l’amour sacré
   
Le rayonnement éphémère
L’œil du cyclope
Lorgne  le papyrus
Coucher sur le sable

Les rêves
S’acheminent
Vers les sarcophages

L’éclat éphémère
Triomphe
Sur les écrans
Du monde

Tous les chemins
Aboutissent
Au cimetière
Des éléphants

On ignore
Le rayonnement
Du soleil
Qui se cache
Dans l’antre de l’âme

L’image volubile
Nous invite
Aux voyages artificiels
On étouffe
La flamme sacrée
Pour un terrain
De jeux

L’homme se réfugie
Dans le musée
Du carnaval
Pour s’offrir
Des habits
De  parades





































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