Extraits d’ « A L’AVANT-GARDE DES RUINES » de CHRISTOPHE BREGAINT publié aux Editions du Pont l’Europe en Avril 2017


Christophe BREGAINT  est né en 1970 à Paris. Ses poèmes sont parus dans plusieurs dizaines de revues papier et numérique. Il a publié trois recueils de poésie : en Octobre 2015 « Route de Nuit » (Editions La Dragonne),  en Octobre 2016 « Encore une nuit sans rêves » (Editions Les Carnets du Dessert de Lune), en Avril 2017 "A l'avant-garde des ruines" (Editions du Pont de l'Europe).

Co-auteur de l’anthologie « Dehors » : 107 auteurs pour l’association Action Froid (Editions Janus, publié Mai 2016), un de ses textes figure dans l’anthologie « 101 poèmes (et quelques) contre le racisme »  (Le Temps des Cerises, 2017)


Le livre est disponible ICI



A L’AVANT-GARDE DES RUINES

Par quel dard
Du fleuve
Es-tu
Arrivé ici
Toi
Et ton escadron

Nul ne s’en souvient

Quand  
Le bruit sec
D’orages

Met en pièces
Vos certitudes

Venu  
D’une poussière
Sur la carte

Tu es entré

Dans cet espace
Vénéneux

Envers et contre tout

Une abrasion
Désagrège  
Tes tympans

Hors de la lueur

Le paysage s’ouvre
Sur  
Un échantillon de mort

Se referme  
Sur les lointains

L’enfer  
Répète des oraisons

Tu renais  
En lui

Où es-tu  
Maintenant
Qu’en sait le
Feu perdu
Des illusions
Sans  
Doute
Que tu  
Dois
Patrouiller
Au loin
À travers ce
Vent  
Acerbe
À la recherche
D’un bruissement
De feuilles
D’un geste
Discret
D’une réplique de
Toi
Vouée
Elle aussi
À se perdre

Sous des gravats
D’aurore

Se camoufle
Le vivre
En dessous
De la ligne de flotaisson

Il te faut aller

Avez-vous déjà marché
Le long  
De ce no man’s land

Vorace  
De vos souffles

Sur ce qu’il reste  
De tes mots
Il y perce  
Une angoisse

À chaque déchirure

Quand  
S’allonge
L’indigence  
De l’harmonie

L’élan

Commence à
Se faire rouille
Derrière
Le sillage
Du premier
Choc

L’intensité
D’une déflagration


A la marche
A couvert
S’ajoute

Tout le poids
Des ombres

Au-dessus
De la fosse
Aux croyances

Trouver
Une stratégie
Pour tenir
Debout
Fragile et
Inaudible
Fourmi
Face aux
Secousses
D’une traverséee

Au cœur
De la perdition

Étant donné que
Plus rien  
N’a d’équilibre
Le long des ravins

Tu avances
En fantôme
Enroulé
Dans une vie
Qui n’en finit pas
D’être
Arrimée

À l’hostile

Ici  
La vie baisse  
D’une octave

Au gré du temps
Se détache
Une clarté  
Éviscérée

Peau
Après
Peau
Le corps de ta
Sensibilité
Est devenu
De plus en plus Maigre
Avant de ployer
Peu à peu
Sous les os
De la froideur

Face pile

Toute la noirceur
Dur monde
S’est déployée

Devenue pupille
De ton œil
Sphère
Electrique

Avec
En ligne de mire
Tous les points
D’interrogation


Parfois
Tu remplaces
L’amertume
Par le dégoût
Pour contrer
La terreur
Nue devant tes yeux
Cette lumière noire
Une respiration qui aveugle
L’avenir

Un à un
Tous
Les visages  
Sous  
Les traits  
Lumineux
Rejoignent
La terre
Si lasse  
De supporter
Tant  
Et
Tant  
D’incendies  
Sans fin
Ces souffles  
Hostiles  
Aux oreilles  
Des hommes
Reviennent encore  
Une autre fois
À proximité  
D’un horizon  
En fumée
Tremblement  
Des os
Comme  
L’écho  
D’un métal  
En fusion  
Au loin
Les sifflets  
De l’acier
Frappent  

Le silence
Une chimère
Vous apporte
Toute l’horreur
Du monde

Celle-ci

Fleurira sur
Tous  
Les bonheurs
Les sourires
Les amours
Les paix

Un passé

Devenu énigme

Chaque jour
En partance
Vous comptez
Les disparus

Dans l’intimité
De la tempête

Un à un

Ces visages
Devenus pâles
Vous renvoient
Leur frayeur


Dans chaque pas
Eclot une nuit
Se flétrit un jour
Rien à concevoir d’autre
Tout le reste est résidu

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