PAROLES NOMADES ET AUTRES POÈMES de SALVATORE GUCCIARDO


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Paroles nomades

La sève se glisse
Dans les veines de la mémoire
On s’interroge
Sur le pouvoir des ondes
La cendre et le sang
L’eau et le feu
Éboulis de pierres
Au creux de la vague

Je
Tu
Il

Abstraction de l’homme
Les formes hybrides
Sur la toile du temps
Les ombres
Se multiplient à l’horizon
Vision apocalyptique
Hibernation de l’âme
Les soupirs du rêveur
S’éclipsent
Dans le labyrinthe de la forêt

La grandeur vacille
À  l’orée de l’automne
Rayonnement de la matière
Au cœur de l’être
On ferme les yeux
Sur la cité lumineuse
Jaillissement de sources
Dans le jardin du fauve



Chirurgie de l’être

Rugissement du fauve
Le périmètre
Électrise
L’édifice ancestral

Pluie d’électrodes
Le souffle irradie
La pulsion humaine

L’ère informatique
Étale sa richesse
La navigation planétaire
Idéalise l’identité

L’image enivre
L’écran du futur

Les ondes de l’univers
Façonnent la nature
De l’homme



Bourrasque


Le radeau
Sillonnait les eaux
Mouvementées

Tout vacillait
Les éclairs
Déchiraient
Le voile sombre
Du ciel

La lourdeur des nuages
Embrassait
Le sommet des cimes

Une masse pluvieuse
Tombait  lourdement
Sur la mer

Les vagues houleuses
S’abattaient
Avec fracas
Sur les récifs escarpés


Ferveur blessée

Grelots d’albâtres
Nuits blanches
Sur fond noir

Le sang de la méduse
Se répand
Sur l’écorce de l’orme

La nébuleuse aspire
Les soupirs du lys

Griffures du temps
Crépitement de feu
Magma astral

Les êtres invisibles
Fustigent
La ferveur
Des oppressés




Jaillissement

Alphabet cosmique
Écorce stellaire

La sève nébuleuse
Sillonne
Le corps humain

Jaillissement doré
Dans les draps
De la nuit

L’être guette
La cité
De l’aube



Le ballet de la vie

La neige marine
Lentement survole
La plaine abyssale

Une myriade de poissons
Aux formes multiples
S’entremêlent
Les uns les autres
Formant un ballet grandiose

Au rythme musical
De la faune aquatique
La meute déchainée
Les dents féroces
Parcourent
Les corps en mouvements

Dans le festin
De la chair
La détresse
N’a pas de vocable

L’instinct primitif
Exhibe
Les pulsions
De la nature
Sous le regard indifférent
De la cheminée de basalte
Et celui du grand fumeur noir




Offrande


Dans la nuit sereine
J’ouvrirai les pétales
De rose
Pour les déposer
Près de ton visage
Lumineux
Afin que le monde
S’enivre
De ta sève
Sacrale



Effervescence

Avalanche  de mots
Écoulement
Du fluide
Sur la zone boisée

Nuit hiéroglyphe
L’œil du silence
Au sommet
De la vallée

Radiologie
De l’ogive
Le support des bougies
Sur tes yeux
De taupe

Souffle saccadé
Source lumineuse
Le bleu du ciel
Sur tes seins bronzés

Préliminaire lyrique
Formes dénudées
L’artiste caresse
La rondeur charnelle

Amoncellement d’images
Spirale de sens
L’homme immobilise
La chair en flamme

Les bouches se cherchent
Dans la pénombre chaude
Les amants s’évanouissent
Dans la brume fiévreuse

Beauté corporelle
Joues en feu
Lèvres pourprées
Reflet d’azur
Sur le regard langoureux

Brasier lascif
Le gris
Le jaune
La voix
Sensuelle
De la femme
Dénudée

Embrasement intensif
Rougeur des sphères
Le visage
Dissimule
L’affres des ans

Gardien du temple
Le nimbe
Domine
La sagesse de l’homme

Derrière le masque
L’être étale
Les morsures
Du tigre

Cris strident
Les éclats
Du rouge
Dissimulent
La profondeur
Du sujet

Les regards
Se croisent
Bouffée de chaleur
Le corps expose
Sa luxuriance
Opulente

Le mouvement
Des lignes
S’entrecroise
La tête ovale
Lorgne
La sphéricité
Des formes

Le gris
Le blanc
Jeux de graffiti
Les mains crispées
Dans le froid du vide

Accumulation
De tourbe
La ligne horizontale
Limite le flot des astres

Point bleu
Sur fond gris
Tout passe
Efface
L’énergie du mistral   

Torrent
D’étincelle
Les veines marbrées
Gémissement masculin
La femme
Caresse
La virilité dénudée

Tourbillons
De sentiments
La lumière éclatante
Soupir intense
Le magnétisme
Des femmes
Sur la toile du peintre

L’intrigue
Domine
La pesanteur
Du monde
Et exalte la vertu
Des imposteurs

Sur le bord
De tes paupières
L’encre
Masque
L’essence du trait

Le rose
S’expose
Aux paupières
De l’espérance

Romantisme
Fervent
Le  vert émeraude
Épouse le fond doré
De l’icône sacrée

Jeux de lignes
La blancheur
Des corps
Deux femmes
Dans la voiture

Tendresse filiale
Mère affable
Le reflet de l’aubépine
Sur le front
De l’enfant

Flots d’écume
Blancheur céleste
Oscillation fiévreuse
Des mains se cherchent
Dans la chaleur de l’alcôve

Aux cimaises charnelles
Le nu exhibe
Son éclat fougueux

Rythme du  piano
Du saxo
Et de la basse
Les notes langoureuses
Du blues
Domine
L’espace clos

Dialogue
De sourds
Visages figés
Le lien
Se fragilise
À l’orée
De l’automne

Géographie
Humaine
Terre crevassée
La pâleur de l’être
Sur l’onde animée




L’âme fossile

L’univers
Et une énergie lumineuse

Les grumeaux scintillent
Au sein de l’immensité
Et forment
Un amas d’îles

Miroir céleste
Labyrinthe galactique
Océan de solitude

La mémoire s’enrichit
De fossiles

Je suis un astre
En quête d’une racine parentale





Cendre

Jeux de couteaux
Sentiments fripés
Larmes de fiel


Fracas d’éclair
Triptyque de rêve
Le je s’efface

Le sillon s’ouvre
Au vide des sphères
Sombres lumières

Semailles célestes
Chevaux ébranlés
La crinière en folie

Les traditions se meurent
Coule le sang
Des innovants

Sur l’amas de  cendres
Dorment les enfants
Ère nouvelle

Robotique destinée
Sensations de froideur
Sentiments effacés

Cascade visuelle
Dents de loup
Sur la peau de l’agneau

Âme en exil
La lumière vacille
La nuit du jour

Les chiffres dominent
La voix du monde
Isolement du poète

L’oiseau s’envole
Splendeur du sphinx
Hibernation de l’homme

Obscures déesses
Pouvoir absolu
Futur fiévreux

L’être se souille
Amorphe semence
Effritement viril

Morte saison
Déchirement de tissus
À la maison

Eaux troublantes
Liens écorchés
Ètude d’anatomie

La marée de l’aube
Tourne le dos
Au corps astral


















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