LES FRÈRES - ATAHUALPA YUPANQUI

Né à Pergamino, région de Buenos Aires en 1908, Atahualpa Yupanqui est poète, chanteur et guitariste. Pseudonyme de Héctor Roberto Chavero Haram, Atahualpa Yupanqui jouit d’une très grande renommée, tant en Argentine que dans le monde entier, il est généralement tenu pour un des plus importants musiciens argentins de son siècle.
Très tôt intéressé par la culture indigène argentine, il voyage d’abord beaucoup pour étudier. Politisé très jeune, il se rapproche du Parti communiste et prend part, en 1931, à un soulèvement qui le contraint à l’exil en Uruguay.
Revenu chez lui en 1934, il connaît avec ses chansons un succès grandissant, qu’assombrit cependant la censure que la dictature de Juan Perón exerce sur lui, laquelle ne cessera qu’à sa rupture avec le Parti, en 1952.
Édith Piaf l’ayant invité en 1949 à venir chanter à Paris, il y connaît un immense triomphe, qui ne se démentira plus et qui fera universellement connaître et apprécier son œuvre.
« Los Hermanos », cité ici, est sans doute sa chanson la plus connue. On a souvent voulu déceler, derrière ce chant à la fraternité et à  la liberté universelles, une invitation à l’union de l’Amérique latine contre les intrusions étrangères et les dictatures qui s’en font les complices.



LES FRERES    

Dans la vallée, dans la montagne, dans la pampa et sur la mer
J’ai des frères si nombreux que je ne peux les compter
Chacun avec ses travaux, chacun avec ses rêves
Avec ses espoirs devant lui et ses souvenirs derrière
J’ai des frères  si nombreux que je ne peux les compter

L’amitié leur fait les mains chaudes
Ils ont une prière pour prier
Une larme pour pleurer

Un horizon qui recule sans cesse
Et puis la force de le poursuivre
Avec acharnement
Avec ténacité
Lui qui paraît le plus proche
Quand il s’éloigne encore plus
J’ai des frères si nombreux que je ne peux les compter

Ainsi nous continuons d’avancer
Burinés de solitude
Nous nous perdons de par le monde
Puis nous nous retrouvons
Dans un grand lointain
Et nous nous reconnaissons

Par des couplets, graines d’immensité, dans lesquels nous mordons
Ainsi nous continuons d’avancer
Burinés de solitude
En portant en nous nos morts pour que personne ne reste derrière

J’ai des frères si nombreux que je ne peux les compter
Et une sœur très belle, qui s’appelle Liberté

Traduction : Normand Baillargeon et Chantal Santerre

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