DU CIEL À MES PAUPIÈRES, EVE EDEN

Eve Eden écrit et utilise la photographie, le collage et la peinture sur différents supports pour illustrer 
ses textes. Entre ses doigts, la poésie devient matière.
Exposition photos au Passage des rêves, Arles -2015
Expositions en médiathèque, Projet Mots dits Mots lus, Essonne-2016 et 2017
Publication dans la revue Cabaret-2017
Publication dans la revue Festival Permanent des Mots, 2017 (texte et illustration)
Publication dans l’anthologie poétique « Ailleurs »- Editions de l’Aigrette, janvier 2018
Publication du recueil « Même après le déluge », prévue en 2018




Réveil incontournable dans le petit matin
Qui égrène dès l’aube son chapelet de secondes
En extraire la saveur et l’odeur
Et cesser d’en découdre telle une Pénélope
Dont les doigts sont usés
A force de rêver à l’autre qui n’est plus
Jour et nuit s’entremêlent
Sur l’écheveau d’une vie qui perpétue
Le souvenir du disparu
Au fil du temps qui passe
Nébuleuse mémoire, labyrinthe improbable
Où les pensées s’affolent et se dispersent
En manque d’oxygène, j’ouvre la porte
N’importe laquelle


…………………………………….


J'ai protégé mon avenir des vents contraires et des marées
Bravé les années qui s'écoulent
Sur la porte rongée imprégnée des saisons
Transcendant la matière de l'objet en fusion
Perpétuelle beauté des traces ineffables
Du temps qui se délecte des vestiges anciens
La source toujours vive sous la margelle en pierre
Contient nos souvenirs trop vieux pour exister
Dans nos esprits fragiles bourrés de courants d'air
Nos atouts se mélangent en un seul objectif
Embryon d'idéal qui nous réunirait
Focus inespéré sur un rêve avoué
Enjoliver la vie afin qu'elle nous assemble
J'ouvre les yeux
Le monde est à sa place


……………………………………..


Effeuillage discret dans mes ombres choisies
Je t’offre mon regard sans les flous de fortune
Qui parcourent mes toiles en les déshabillant
Des angles inutiles et des tristes couleurs
Pour allumer tes yeux du reflet irisé
Scintillant dans les miens
Un pétale de jaune une soirée d’automne
Ma pupille s’enflamme au cœur de ta pupille
J’aperçois nos meilleurs moments
La vie commence à peine
Te laisser pénétrer dans mes sentiers sauvages
Envoûter ton esprit de mes parfums cachés
Débouter la malchance
Faire du bonheur ton quotidien
Ta malle est grande ouverte
J’y plonge avec extase
Découvrant tes trésors
Je t’ai montré les miens
Sans fard et sans trucage
Nue sous ma robe
Fenêtre bleue
Un beau matin d’automne


……………………………………..


Ce qui nous rapproche… Alliance et mésalliance
Dissonances et concordances
De touche en touche, je cherche les octaves pour créer l’harmonie
J’apprends beaucoup de toi sur mes cordes accordées
Le malheur n’est plus de mise
Il nous enlise ou nous fait déraper
Le clavier nous chantonne un air qui nous rapproche
Noir et blanc s’invitent et s’accompagnent
Sur la piste de danse
L’ivoire frôle l’ébène dans un frémissement
Impromptu symphonique qui nous mène plus loin
Que nos alliances obscures privées de lendemain
L’inconnu nous révèle bien d’autres perspectives
Où nos feuillets rejoignent le pupitre impétueux
Accueillant nos élans
Ma bouche diffère de la tienne mais mes mots sont les mêmes
J’approche à pas comptés pour ménager le rythme
Apprécier les silences et respecter tes pauses
Cueillir tes doléances
Aménager ton temps sur ma tendre portée
Faire courir ton destin sur ma gamme enjouée
J’aime ta différence
Et l’ombre de ta peau sur le grain du piano


……………………………………..


Peu importe le fond, la toile est toujours juste dans ses révélations
Le tout et le détail, voilà ce qui nous est conté
Chaque atome prend du sens, chaque signe est langage
Chaque vers nous rapproche
Aimer c’est avant tout comprendre
C’est apprendre ta différence et ton appartenance
C’est compter nos alliances, trouver nos ressemblances
C’est dire à point nommé ce qui ne se dit pas
C’est verser des couleurs sur nos similitudes
Qui nous délivreront de nos incertitudes
C’est pencher pour le pour et délaisser le contre
C’est quitter en un jour tous les poids inutiles
Qui lestent notre corps d’idéaux biens futiles
Aimer c’est divaguer sur un autre versant
Ciseler ses atouts, rimer avec plaisir
Dans une autre écriture où s’inscrit l’aventure
Débusquer le passant pour mieux le découvrir
Qui es-tu si tu n’es pas ce que je suis ?
Un autre qui me dissemble tant et pourtant …
Ainsi se créent les alchimies


……………………………………..


L’homme est un paysage
Où je m’attarde sans faillir
Sur les raisons de son émoi
Lorsque le souffle de sa peau
Palpite à tout va sous mes doigts
Ici ou bien ailleurs
Les mots abreuvent nos espoirs
Et nos désespérances
Nous retrouver dans l’autre
Et ses rimes dédiées
Parole universelle
Qui habite nos âmes
Au plus fort de la crise
Le monde se déchire La terre se redessine
Au gré des turpitudes
Des abandons mesquins
Et des violences tues
L’autre en qui l’on croyait
Disparaîtra soudain
Nous laissant inutiles
Sur le carreau brisé
D’une digne infortune
Minimum exigé
Pour ne pas s’enliser
Crever de solitude
Dans un verbe oublieux
Ou teinté de mépris
La roue a mal tourné
Sans qu’on y prenne garde
Pourtant l’humain était
A portée de la main …


……………………………………..


Je crois que je t’attends
Tu dévoiles mon intime césure sous l’œil incandescent
De l’objectif atteint
Tu cherches à t’immiscer dans ma chair éloquente
Sur l’ombre de ton mur qui se laisse frôler
Par mes ardeurs ailées au goût de liberté
Je deviens liane autour de toi, je franchis l’interdit
Puisque que tu me tolères
Sur l’écran improbable de tes vers en suspens
Je portraitise et me découvre pièce par pièce
Puzzle après puzzle
Je rabiote et je coupe, je lasure mon corps
A chaque découverte
Ta porte s’est ouverte, malmenant ma raison
J’ai parcouru ma peau pour savoir où j’étais
Entre deux horizons aux troubles origines
Je scinde et je m’affine sur le papier glacé
Où est mon aperçu sur la lame tranchante
Dont j’ai perdu le fil à vouloir trop chercher
Où suis-je ?
Pas de trace de moi sur l’image hésitante
Si ce n’est l’appareil contenant mes désirs
Dans sa boite à surprises pleine de ressentis
Mais non je rêve
Je suis une étrangère dans un film perdu
Inabouti et incompréhensible
Ta main parcourt silencieuse
Les chemins sinueux de mon corps en jachère
Et tes doigts qui m’explorent s’impriment sur ma chair
Tu apposes ton sceau sur ma lettre entrouverte
Tu appliques ta bouche sur ma tendre enveloppe
Je suis une missive au secret bien gardé
Au parfum d’une haleine qui ressemble à la tienne
Je renferme un trésor déposé par tes soins
Tes mots s’évadent en cascade
Dans la vallée prospère où s’épanouit ton lit


……………………………………..


Tout est à dire
Le rêve se puise au quotidien
Dans la réalité qui n’est pas bonne à lire
Jouer avec le temps et sa cadence obtuse
Déjouer les mauvais plans
Pour apprendre à construire
L’alchimie des langages…
J’ai fui les connivences sans aucun lendemain
J’ai laissé l’imprudence imparfaire mon chemin
J’ai misé sur tes scandes qui m’appelaient sans fin
J’ai soulevé le voile malgré les interdits
J’ai balancé ma peau sur la toile obscurcie
J’ai changé mes atomes pour inscrire mes pas
J’ai bousculé ton ombre pour ne pas qu’elle m’oublie
J’ai vaincu les secondes pour affronter l’ennui
J’ai palpé ton errance au plus fort de la nuit
J’ai ralenti le rythme pour figer ton absence
J’ai milité sans fin, revers après revers
J’ai démoli sans honte ta chambre mortuaire
Les barreaux se sont tus
Entre hiver et printemps
Un messager déçu
Par les affres du temps
La guerre est sans limite
Mais l’amour nous abreuve
Au plus fort de la haine
D’un sentiment fourni


……………………………………..


Je fais de la dentelle dans un coin du jardin
Sans savoir qui j’attends depuis autant de temps
Mon fil est suspendu à mes instants perdus
Chaque mot me révèle une heure disparue
Le tissu t’appartient
Mon ouvrage est le tien


……………………………………..


Ce soir je m’écris un poème
Rien que pour moi
Pour ne pas défaillir
A la règle des mots
Que contient mon essence
Ma liqueur permanente
Mon moi incomparable
Ma densité suprême
Je m’écris une trêve
Entre deux sentiments
Que procurent l’amour
Et ses extravagances
Je distille ma sève
Avec ses conséquences
J’affine un caractère
Qui n’appartient qu’à moi
Pour arpenter demain
La terre qui me convient

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