SIX POÈMES de COLETTE DAVILES-ESTINÈS



Née au Vietnam, grandie en Afrique, Colette Daviles-Estinès a été longtemps paysanne. Elle puise son inspiration dans un sentiment de perpétuel exil. Nombre de ses textes ont été publiés à La BarbacaneLe Capital des MotsLa Cause littéraireUn certain regardRevue 17 secondesCe qui restePaysages écritsLe Journal des poètesÉcrit(s) du NordNouveaux délitsComme en poésieVersoLa Toile de l'un, Cabaret, Journal de mes paysages.... Son recueil de poésie (Allant vers et autres escales) a paru aux éditions de l’Aigrette en 2016.



Ciel étale

Chassées au bout de l'horizon
Toutes pensées de feuilles mortes
Levée, toute idée même de nuit
Tandis que bat le vent
Sa voix de marée haute




La ville cuivre


Le soleil joue du cuivre
sur le verre des tours
Tout est prétexte à ciel
Il suffit de lever le nez
et d'articuler le poème
autour de la lumière





Pause-café

Le ventilateur ne brasse que la lumière
Et les volutes d'un air de saxo dans la rue
Peut-on parler d'absence ?
L'impression à ce point
D'être ployée toute
Vers toi

C'est presque vrai que l'on est bien
Sous l'ajour des dernières frondaisons de l'été





Et pourquoi non ?



Ecrire, et pourquoi non ?
La barque est immobile
Ce sont les rives qui passent
Aux arbres fromagers, badamiers
Flamboyants
Pourquoi non, le chiendent ?
Et même l'ombre oui,
Même l'ombre rayonne, vénéneuse
Epanouie
Ecrire ce qui paillette
La poussière des granges
L'éternuer
En faire des contre-feux
Des aubes de jachères, nomades
Et pourquoi non ?
Ecrire, la lune au ventre
Ces pierres dans mon jardin



Une vie d'été




Le vent feule, âcre
parfum de branches brûlées
haleine salée de fenaison
il existe une vie d'été
de l'autre côté
des notes de clocher
par où le temps m'échappe
           
Attente embracelée

Il manquerait le large d'une page à remplir
aux manières de fleurs amples de magnolias
                           
Ligne de crête à suivre du bout des yeux
                        fermés






Sans titre


J'ai la mémoire irriguée
des ruisseaux de nos rires mais
de quand date ta dernière bouffée de joie ?
J'ai la mémoire irriguée de ruisseaux
et j'ai pris l'eau
J'ai pleuré déjà
l'année dernière
il y a deux mois
avant-hier
Je t'ai pleurée de ton vivant de sabre
Maintenant je peux juste
me tenir debout
droite contre le vent
Maintenant tu dors
plus que de raison
Tu n'habites plus ton absence
et j'ai la tristesse froide des pierres





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Extraits d’ « À L’AUBE DES TRAVERSÉES » de MAKENZY ORCEL publié aux Éditions Mémoire d'encrier

À l'aube des traversées  Pour Pierre-Richard, Fedner, Damas, Schélomi Lacoste hier encore la main qui transitai...