Extraits de "LE MUR BLANC DE TON NOMBRIL" de SNAYDER PIERRE LOUIS



Viens et regarde
Ton corps qui raconte au vent
Que l’amour est une rue
Si légère
Sous un ciel qui pleure de baiser

Viens et regarde tes seins
Qui veillent dans ce poème
À la justesse de mes mots

A chaque nuit
Ta beauté glisse
Sur la profondeur de mon vin
Et la terre court
À la recherche de ton sourire

Ton sommeil est l’atterrissage d’une lune
Au plus profond d’un miroir
De pleine mer

La lumière que j’aime
Est l’éclair de ton sourire
En bruissement sur les vagues

Chère amie
Les arbres imitent la vibration de tes hanches
Pour dessiner tes pas
Depuis le jour
Où le pêcheur a coloré ton profil
Sur la page blanche du temps

Mes yeux marchent en saoulard
Comme un étranger
Pour visiter la pointe de tes seins

On m’a dit
Que tout chemin mène à Rome
Mais pour moi
Tout chemin mène
Sur le mur blanc de ton nombril

Ton image est un miroir
Où je vois le ruissellement des sources
Au rythme de ton souffle

Restez doucement
Car les villes s’endorment dans ta nuque
Sur les lignes de ton sein gauche

Ta nuque est un cycle de sexe
En cercle de neige multicolore
Et depuis que ton corps
Fume les ailes de l’amour
Ton corps devient uniquement l’amour

Le vent m’a demandé de dessiner tes cadences
Sur ses globules rouges
Avec le jeu des alphabets

Je lui ai dit de te regarder
A travers le pubis des étoiles
Sur la dernière courbe de mon coeur

Est-ce vrai que
Tes jambes sont faites
Avec la matrice de l’amour
En peau de flamme
Sur le bras des astres
Qui claquent
Les gestes de l’humanité

Oui
Toi seule, ma bien aimée
Peut nommer les villes
Avec le battement de tes paupières

Je vais déconstruire le monde
Car tes yeux
Et tes mains
Vont dessiner un monde de nouvelle douceur
Petit à petit
En écoutant la chanson des étoiles
Dans la mélancolie des mots
Et le silence des soupirs

Rappelle-toi
Que tes yeux ont pris toutes les paroles
Qui glissent de ma bouche

J’ai mis ton coeur
Sur la geste des mers
Pour trainer des solitudes de silence
Sur la mémoire des chiens

Laisse-moi entrer dans ta voix
Avec la sève blanchâtre du désir
À toute vitesse
Pour oublier la chute de la mort
Car notre amour a bousculé
Le miroir de la haine
Sur le drap blanc de ce poème

Laisse-moi couler le sang des mots
Entre tes seins
Pour séparer dans notre vie
La nudité de petits cris aigus
De la feuille d’eau

Chère
Écoute la voix de notre coeur
Dans la seule fenêtre
Qui donne sur l’espoir

Écoute le cri des mots
Qui nous parle
Dans les baisers
Dans la cassure
Dans le giclement
Dans tout ce qui bouge
Pour caresser tes seins d’amour

Au murmure de ta cadence
Un baiser s’habille avec ton image
Malgré
Le contour des lettres
La terre est amoureuse de tes pas


PIERRE LOUIS, Snayder, Le mur blanc de ton nombril, Abidjan, GNK Éditions, 2017, Pages 31-43

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