DIX POÈMES de MICHAEL WESTYN



Michael Westyn est né le 21 octobre 1981 à Liège, Belgique. Il a effectué des études sociales. Il travaille actuellement dans la communication. Il est un passionné de mythologie grecque. Il a découvert le monde de la poésie en septembre 2016. Depuis, il écrit régulièrement pour s’apaiser.





Impasses


Je découvre, stupéfait, des situations embrouillées. Je ne cache pas mon désarroi ; je m’enfonce depuis des années. La peur d’affronter l’autre, des jugements arbitraires. La crainte de l’échec. Le vertige de l’illusion.

Ces pans de vie sont des nœuds ou des racines de médiocrité. Je suis las d’être naïf. De me voiler la face au point d’être aveugle.

J’ai porté des masques toute ma vie. Autant pour me flatter que pour correspondre aux espérances. Leurs désirs. Je vole la lumière des étoiles pour séduire. Tel un esclave séquestré par son ego.

Mettre à jour mes faiblesses ; réalise ma défaillance. Cette peine submerge mon cœur d’audace pour ranimer la raison. Percevoir l’issue. Il ne restera que la rancœur à subir. L’indulgence sera la bienvenue.

Ne plus regarder en arrière pour absoudre le passé. Il brutalise l’imagination en vue de me faire dépérir. C’est mon présent que je dois façonner. Afin de mettre à profit un meilleur avenir.




Les ténèbres


Le cauchemar… La réalité troque sa logique contre une bête noire qui dévore mes ambitions. Les heures me trahissent de leurs douces pensées.

Je rode au profit du destin. Sur le fil de la toile que je tisse. Puis, apparaissent les masques de l’ombre. Ils pensent mais n’agissent pas. Ils font mais n’écoutent pas. Tous sont leurs propres illusions. Le sadique et l’exclu.

Briser mes chaînes est une preuve de lâcheté. Mon sacerdoce hurle de poursuivre la descente vers l’enfer. Ce monde obscur où le loup ronge les enfants. Qui bondit dans l’esprit tel un mystère surnaturel. M’emprisonne sous sa patte initiatrice.

Enfin, il est temps de fermer les yeux. La nuit salvatrice est mon refuge. Je plane dans le ciel étoilé où je tente de saisir la lune. Le rêve …




L’indulgence


Je suis surpris par ce jeune rupin, issu de la branche huppée. Il profite d’un heureux destin où le faste couronne l’existence.

L’attitude angélique sous son masque poupon, est aussi crédible que la niaiserie d’un pierrot en porcelaine. Vertueux et candide. Mais que se cache-t-il derrière cette frimousse ? Dans toutes bonnes récoltes, il y a toujours des pommes putrides. La robe est fascinante mais les fibres sont compromises. Elles ne sont que le dédain armé d’une insouciance impitoyable. Elles jonglent avec leurs inepties sous une crédulité sinistre.

A qui la faute ? L’âge tendre peut être dépourvu de sévérité. Aussi, l’ambition parentale peut soustraire la bienséance. Et étouffer l’oisillon dans sa coquille. Alors que justifie une telle révolte ? Est-ce que le petit prince est plus malheureux que les autres ? Je l’ignore.

En revanche, je suis convaincu que l’indulgence est une nécessité. Chacun possède sa petite tarasque dans son cœur. La maturité peut prendre parfois une expression inattendue. Et tout être a le droit d’en profiter.




Le naufrage


Dès que la tempête fulmine, je perds le contrôle. La fougue des éléments se déchaîne puis avale le navire en perdition. L’implacable a conquis ma bravoure. Et noyé définitivement l’exploit.

Cette nuit d’encre me soustrait de l’espoir. La confusion pervertit mes sens. Je cherche en vain le phare. Mais le rivage est encore loin.

L’épreuve est-elle une tentative de rédemption ? Peut-être. Le Léviathan n’est pas toujours que diabolique. Plonger vers les abysses a sa raison d’être.

Croupir dans les bas-fonds ou réveiller son existence.




La dame du lac


La brume se dissipe. La bête noire se désenchaine pour hanter mon esprit. Elle progresse sur des notes lentes. Des pas mélancoliques. Qui m’isolent dans les méandres du repli. Une agonie. La berceuse de l’abîme .

J’ouvre les yeux. Elle est couchée sur le divan. Et me regarde. Son corps à moitié nu, s’amuse avec une perversité innocente. Je l’observe fébrilement.

Ses traits sont gracieux. Le regard azuré contraste la chevelure dorée qui retombe, nonchalamment, sur ses épaules. Elle révèle une finesse dramatique. La sophistication sinistre. Inaccessible. Blessante. Je la questionne.

Elle jaillit devant le balcon. Nos corps se confondent. Ils s’embrassent. Les palpitations vont crescendo. Cœur contre cœur. Le souffle court. Nos âmes se lovent dans l’étreinte éternelle.

La nuit saupoudre de flocons. Un vent glacial me caresse le visage. La Lune, perplexe, se déconcerte. Homme ou femme ?

Je me jette dans le vide. Et vole tel un oiseau solitaire. Puis tombe lourdement vers ces eaux livides du lac endormit.




La main de Satan


Avancer les fonds ; merveilleux. Mais sous quel profit ? Ce rapace s’épargne la courtoisie ; l’enrichissement l’apaise. Sa psychose est de tripler la valeur de l’intérêt car la régression l’obsède.

Il profite du désespoir pour se régaler sur mon dos. Un paradis pour l’usurier perfide en ses temps de misère. Sa bestialité est aussi inventive que mesquine. Tel un chat qui joue avec sa souris d’une patte sous la réserve d’un fromage de l’autre. Il s’accroche à tout ce qui brille. Sa perspicacité est rémunératrice. Toujours sous la plus grande rouerie. Une politique qui réclame du doigté.

Le fesse-mathieu aime se plaindre. Il me rabâche qu’on tente de le persécuter. Les crève-la-faim s’efforcent de l’astreindre à rompre des miettes, pour napper la soupe quotidienne. Une tragédie pour celui dont la bourse est pleine.

Ma vieille mère me répétait sans cesse que le riche d’aujourd’hui sera le pauvre de demain. J’ignore si la roue de la fortune m’envisage pour reprendre le rôle. Or, je ne peux admettre que vivre sur l’échine d’autrui sois constructif. Cela monnaye, indubitablement, la haine de son prochain.




L’éventreur


Il est tout bonnement un égorgeur. Impitoyable, hostile. Le forgeron d’un mal sommeillant, qui s’impatiente de mettre son instinct à profit. La mort.

Nul besoin d’une révérence lorsqu’on ne respecte personne. En dépit de son humilité, qui anime son regard de nonne.

Chaque corps dépouillé de son âme est un ouvrage méticuleux. Les sculptures sont des casse-tête qu’il ovationne pour honorer sa propre gloire. Des chefs-d’œuvre sans nom. C’est un artiste.

De sa composition, il collectionne des trophées, qui magnifient ses châtiments. Il leurs portes un culte unique ; ils exhibent son enthousiasme. Mais la fascination est passagère. Il s’en épuise sur l’heure. Contre toute attente, la morosité est son unique festin.

Tel un besoin insatiable, la faim le dévore. Encore et toujours. Il revisite le scénario sans relâche jusqu’à l’épuisement. Emprisonner cette gorge entre ses longs doigts. Rompre la chair sous sa lame. Le cœur qui bat la chamade.

Elle s’offre à lui pour qu’il l’immortalise. Puis vient la petite mort. Ce bref étourdissement qui sème le trouble. Qui garantit les efforts de sa prochaine rencontre.




Fascination haletante


J’ai la fâcheuse habitude de me frotter à des projets exorbitants. J’y entretiens un enthousiasme frénétique. Où les aspects du quotidien sont écartés. Quitte à perdre de vue ma joie de vivre.

Est-ce un extrême ? Assurément. L’impératif d’atteindre l’objectif crée un besoin. Une sorte de sottise maladive qui ne sera apurée que lorsque j’aurais baissé les armes. Mais à quel prix ? La cible accapare mon attention. Elle m’absorbe jusqu'à me fondre dans le lointain. Telle une éclipse de conscience. Puis, la démesure me renverse dans une folie furieuse.

Semaines, mois, années. Je deviens une coquille vide. Le cadavre sans volonté propre, de ce caprice extravagant.




J’écoute


Dès les premières flammes de l’aube, sous des astres insoumis, l’océan déferle sur la plage où les vagues crépitent. Elles s’abandonnent après une longue errance des confins de l’horizon.

Dans le désert, les dunes grondent. Du son des tambours, aux cris des armes. Là où les rugissements se fracassent, les mélodies du sable sont des larmes.

Du ciel, les oiseaux roucoulent. Des mélopées tendres, charmantes. Leur jovialité tente d’absoudre cette tristesse qui virevolte dans les airs. Afin que le jour qui nait soit un espoir pour les hommes à venir.

Puis, au soleil couchant. Dans le visage du déclin. Les insectes bourdonnent la gloire de l’étincelle qui se meurt.

Toutes ces beautés qui ont joint leurs éloges, se fondent dans les anges où l’harmonie est messagère. Du chant des règnes à la romance des sphères.




L’éléphant


Je suis l’amant du mensonge. Un adorateur du non-être. Je me convaincs de faire des pas-de-géant alors que je perpétue à me corrompre. Je vis dans un nuage obscur causé par mes va-et-vient. Je tourne sur moi-même. Je me charme de ma propre poussière.

Je fouille mes empreintes. Remonte le fil. Démêle les différents liens jusqu’à déterrer la racine. Je suis surpris de ressaisir ce moment où j’avais le choix. Cette question existentielle. La liberté qui était la mienne. Celle qui se cachait derrière cette voie.

Etre le seul coupable. Mon propre complice. Cet éléphant qui se trompe. Puisse ma volonté me sortir de l’impasse.

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