CARINE-LAURE DESGUIN ou LA POÉTESSE AU SOURIRE ÉTOILÉ





Née à Binche le 7 février 1963, Carine-Laure Desguin aime sourire aux étoiles et dire bonjour aux gens qu’elle croise.
Cette lauréate de plusieurs prix littéraires (nouvelles, slam, poésies) est  l’auteure de romans, de textes théâtraux, de recueils de poésies, et de recueils de nouvelles.
Carine-Laure Desguin participe à plusieurs revues, Le Spantole, Aura, Lichen, Infusion, Le Capital des Mots. Dans la revue trimestrielle « Les petits papiers de Chloé », elle rédige la chronique « À Charleroi, papiers de… », chronique dans laquelle l’auteure met chaque fois en évidence une facette originale de Charleroi.  
Cette passionnée de mots est membre du cercle littéraire montois Clair de Luth, des Artistes de Thudinie, de l’Areaw et de l’AEB.
Plusieurs de ses textes sont mis en musique par Ernest Hembersin,  sélectionnés pour des recueils collectifs ou encore pour différentes expositions. Chroniqueuse pour la web-émission culturelle Actutv, C.-L. Desguin est également collaboratrice pour le Salon annuel du Livre de Charleroi (L’Alchimie du Livre à la bibliothèque Marguerite Yourcenar).
Son inspiration ? Dans le souffle des vents, sur les trottoirs des villes et dans les instantanés de la vie, des instantanés qu’elle grignote comme ça, au gré des mousses et des écumes, des dièses et des silences. C.-L. Desguin aime dans les textes poétiques la sonorité, la musicalité, les fragments d’ombre et de lumière, de sens interdit et de non-sens.








tout au creux d’un cadran   
      
des volets craquent
et de fil en aiguille
et d’heure en heure
un prophète ou l’autre
comme un poing d’illusion
dans nos propres suspensions
s’abreuve dans le Styx

les triages au sort
s’échappent du néant



















des morceaux de chair

tannés au fer rouge
damnés sur les bords
trahis par des silences
à quoi sert-il de crier
dans les égouts de l’innocence
les sons fument de l’inutile
à terre à ciel à mer

de rimer cœur et haut le cœur
de ramer sans force
un corps à corps sans torse

écoper sera de guerre
















il fait nuit
dans l’impossible
et les feux de l’extase
ne reculent
que d’une étoile

drapé d’un horizon
et d’un rien d’éternité
l’absolu ne renaîtra
que dans une grappe
de nuages
au milieu d’un ciel
ouvert vers le chacun pour soi








Comme une imposture
un doute ou un refus
aussi
une ombre que fécondent
le temporaire  l’abstrait
l’indélébile
c’est le commanditaire
qui paiera la note
de ces espaces
et le vide refleurira
à chaque printemps

l’illusion d’un rendez-vous









aboutir dans l’haleine
d’un chaos
quand les équinoxes
dégradent les rives
du temps
s’asseoir
sur les quais de l’azur

dilemme crache ton venin
dans les flots égarés
il y a
des possibilités









borderline où ça
rien à dire
des kilomètres et
des spirales urbaines
hors-circuits et hors-jeux
dans l’aube d’une grâce

à rebours les pas
d’un souvenir
ne s’essoufflent
qu’à contretemps
d’une solitude buissonnière








semer des incertitudes
et l’envol d’un fardeau
à la lumière d’un refus
défiera toute extase

de guingois l’équation
du premier cri
le support d’un pas de danse
et de peu l’ivresse
d’une hypothèse

quand le bastringue s’additionne
à chaque dérision
de poivre et de sel







dans la lueur de la dernière nuit
le souffle de l’insolence
éblouira
de ses mains d’aragne
peut-être même oui et non
le hoquet de feu et de glace
et cette insondable vérité

les intermédiaires du quotidien
ne sont que des nappes d’eaux
et des épluchures
qu’on acclamera
jusqu’à l’ultime coup du sort









de ce côté-ci
de la fiction
des langues
au-delà de l’idée
peuplades anonymes
dans l’essence d’une nature
vivante
et puis un seul mot
de la sève à la cime
comme un mode d’emploi
à jamais déplié











c’est dans le sable
au pouls de ces
grains délavés
que le temps
paradoxal dérivé
comme un éboulis vertical
comme un suspens sans mot dire
dans son monacal sacrement
tracera son passage

numérique qui saura
on emporte les claviers
en porte-à- faux
médusés
les derniers papiers





7 commentaires:

  1. Ca fait plaisir, vraiment, de voir ces échanges que la poésie rend possibles... les amoureux des beaux mots et des pensées folles ou sages. Ravie qu'elle charme Haïti aussi!

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  2. Réponses
    1. Oui, ces échanges sont magnifiques. Merci pour l'intérêt que tu portes à mes textes, Marie-Noëlle. J'en profite pour te féliciter pour ta nouvelle publication! Bravo à toi!

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Extraits d’ « À L’AUBE DES TRAVERSÉES » de MAKENZY ORCEL publié aux Éditions Mémoire d'encrier

À l'aube des traversées  Pour Pierre-Richard, Fedner, Damas, Schélomi Lacoste hier encore la main qui transitai...