SNAYDER PIERRE LOUIS


Poète et journaliste haïtien, Snayder Pierre Louis a vu le jour en novembre 1994, en Haïti. Ancien rédacteur à Beblack Magazine, collaborateur à Maghaïti, il partage son temps dans la lecture et l'écriture. En 2015, il a fait son entrée dans le monde littéraire avec la publication d'un recueil de poème en créole haïtien, titré "Kadans Kè". L'année suivante a marqué la publication de son second ouvrage, "Que les mots se souviennent", signé par les éditions de l'art (son projet d'édition). "Le mur blanc de ton nombril", son dernier ouvrage en date, est officiellement publié chez GNK édition, à Abidjan, Côte D'Ivoire.

Le natif de Miragoâne a participé dans diverses projets collectifs tant en Haïti qu'à
l'étranger, comme «Des mots pour nourrir la vie», publié en 2016, sous la direction de Selmy Accilien et Eland Guerrier. «Écrire pour ne pas oublier», un collectif de 34 plumes en mémoire des victimes de l'ouragan Matthew, sous la direction d'Adlyne Bonhomme, publié chez les éditions Inferno en avril 2017.


Chansons d'août

Comment apprehender les bruits de voix confus
Qu`en imprimant les gestes intimes
Qui restent en nous
Sous formes d`asperges

Entre les grandes yeux des phrases verbales
Et les vitres embuées de la réalité
Un déluge s`est transformé en cendre calcinante
Au terme d`une longue goutte de nuit

Il s`est flotté au dessus de la terre
Et la vie devient une matrice
Pour nous plonger dans l`onirisme
Sur l`échelle infinie d`une chanson d`août

Il est tombé
Pour laisser nos années de soleil
Avec la moitié de nous-même
Sur la mer du bonheur que nous avons vidée
En enlevant la chair de l`été





Viens ici

J`ai senti
La beauté s`est decomposée
Au pied du réel
Jusqu`au fond d`elle-même

Mais, il y a des jours
Près des flamboyants sombres et fleutris
L`intimité des arbres est un lieu de mort

Serons-nous capable de vider le vide
Quand nous sommes partis si bien
Avec des joies impuissantes
Au bord de nos lèvres?

Laisse le vide aux autres
Viens ici,
Et l`incertitude sera la nuit des amants
Buvant toujours la même voix

Je me demande
Le plaisir est-il l`envie infinie du temps
Pourquoi le souvenir est une présence involontaire?




Poème qui parle

Ne me regarde pas
Viens avec moi,
Et ton âme sera une force intraduisible
Pour venger la mort

Attention aux joies rugissant de faim
Attention aux yeux qui rongent des objets précieux
Attention aux corps, ensevelis sous un voile gris

Ne me regarde pas
Ton envie est une montagne de glace
A la peau écorchée,
La réalité est une nuée de folies
Blanches comme des cierges



Je t'aime

L`imagination est en train de craquer
Et se replie sur elle-même,
Mais bientôt dans les décombres,
Dans les paroles qui s`ouvrent vers l'au-dela
Dans une invitation froide, triste et stérile
Dans les rues qui se dispersent
Au bord des rêves fauves
Elle tracera une mémoire blanche et frémissante

Qu`on dévalise le "je" dans "je t`aime" ou non
Le silence est plus généreux que l`avenir
Et plus transparent que la vie quotidienne

Je ne sais quelle bûche de noël a roulé
Sur des rails de mer,
Car il a fait une nuit trouée
Au fond de tes yeux d`enfance
Hors de ses gongs

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